Madrid Palacio Vistalegre – 21 Mai 2021 – 9ème de feria – Diego Urdiales et les autres.

Toros de Victoriano del Río, et de Cortés le troisième, formant un lot irrégulier de présentation et de comportement. Grand cartel de toros qui a généré la meilleure entrée de la Feria de Vistalegre, à ce jour.  Pour résumer la course, Diego Urdiales a imprimé la corrida de sa toreria sans atteindre les sommets que voulait lui accorder le généreux public de Vistalegre.  Ses compagnons de cartel ont cependant souffert de la comparaison.

Diego Urdiales fait sa présentation dans ces arènes face à un Victoriano del Río qui lui permet une magnifique entrée en matière par véroniques et demie, avec temple, mando et lenteur, dans une longue série allant a más.  Ses véroniques n’ont rien eu à envier à celles prodiguées, ici même, par Pablo Aguado. Son toro provoque un batacazo (esp: chute monumentale) sur la première rencontre.avec le cheval. Remis en suerte il pousse, tête mobile,  sous une puya  arrière.  Quite du maestro par véroniques et demie, de belle facture, sans la spontanéité de celles du début de combat.  Au second tiers, le toro est boyante. Il “humilie” mais tire aussi des derrotes. Il va falloir être ferme avec lui. Brindis au public.  L’entame de faena, supérieure,  est réalisé en gagnant du terrain sans totalement dominer la charge. À droite le bicho est canalisé avec décision dans la première série puis se met à accrocher la muleta dans la seconde. Brève apparition de la musique car la tentative à gauche est laborieuse et le victoriano-del-rìo abandonne le combat. Urdiales va aux tercios où il arrache des naturelles que l’animal refusait au centre. Estoconazo en todo lo alto.  Juan Carlos Tirado évite de justesse la cornada au moment de porter la puntilla. Avis partagés au toro. Ovation et salut au tercio pour Urdiales.

Le second adversaire de Diego Urdiales, un burraco massif, va et vient dans la cape indécise du matador.  Oscar Bernal porte une bonne pique en place à cet animal peu enclin à la lutte.  La seconde rencontre al relance est interrompue compte tenu des signes de faiblesse du bicho.  Bonne prestation de “El Victor” au second tiers.  Brindis TV.  Le tanteo est suivi de derechazos en ligne “templés” et élégants. Dans la seconde série, les trajectoires prennent la courbe mais la série contient des scories.  La troisième est très intéressante car elle mélange les techniques. Le torero se croise ou se tient hors trajectoire alternativement afin de lier.  À gauche le toro n’a pas la même longueur de charge et Urdiales trouve la solution avec des passes du desprecio et trincherillas empreintes de l’éégance qu’on lui connait.  C’est une position marginale qui lui permet de lier les derniers derechazos, distillés avec douceur et toreria,  créant la communion avec le public. Entière portée avec conviction, légèrement tombée.  Applaudissements au toro.  Oreille pour Diego Urdiales avec pétition de la seconde.

Le premier toro de Jose Mari Manzanares, bas et de corpulance courte, est reçu, avec aisance, par véroniques compas ouvert puis pieds joints.  Le tercio de vara se limite à une rencontre subie par le toro.  Superbe prestation en deux paires de banderilles de Domingo Siro qui n’est pas invité à saluer.  La faena débute après tanteo, en donnant de la distance au toro, puis en gérant la faiblesse du victoriano-del-río à droite. Le maestro alterne lignes et courbes dans des séries courtes.  La même stratégie à gauche résulte en plus de profondeur et déclenche la musique.  Le toro va a más dans les derechazos suivants et c’est JMM qui perd le fil. Retour à gauche ou le toro met le torero sur la défensive et il en sera ainsi jusqu’à la fin de la faena.  Échec des deux tentatives a recibir, le second laissant une demi-lame lorsque sonne le premier avis.  Ovation et salut.

Manzanares a du mal à canaliser à la cape les premières charges de son second opposant.  Le bicho galope et “humilie”, mais ne revient pas à la charge avec conviction.  La pique révèle la limite de ses forces.  Ce manque de force marque le début de faena que le matador essaye de résoudre en donnant du temps et en conservant la muleta à mi- hauteur.  Rien n’y fait, le public proteste et le torero abandonne.  Entière habile.  Palmas.

De retour après son triomphe d’avant hier, Andrés Roca Rey reçoit, sans conviction, l’unique toro de Cortes du sorteo, quelque peu terciado.  Véroniques et chicuelinas sont dessinées isolément au rythme imposé par le toro.  Ce dernier attaque un cheval déjà tombé à terre, ayant probablement anticipé la charge en se penchant dans le vide. Le picador est désarçonné.  La vraie pique, intervenant ensuite, ne sera qu’un simulacre.  Enorme quite de Juan Carlos Tirado à son compagnon Francisco Durán “Viruta”, tombé à terre, lors de la pose de la troisième paire de banderilles.  Brindis de Roca Rey à Mario Vargas Llosa.  La faena est lancée aux medios par estatuarios, le tout ponctué par pase del desden et trincherilla.  Au centre les derechazos sont rigides et controlés et la trajectoire longue et en ligne.  À gauche le Péruvien a du mal à canaliser cette charge et il abandonne.  L’impétuosité du toro de Cortés s’impose au jeune matador qui opte alors pour un toreo de courte distance qui porte sur le public surtout lors de la voltereta.  Le tremendismo l’emporte et crée une division d’opinions sur les tendidos Bajonazo en passant au large.  Palmas.

Le dernier toro de la course, astillano, brocho et terciado, oblige ARR à le mener au centre où les premièrs fléchissements des pattes apparaissent.  Le désordre règne en piste alors que la première et unique pique est administrée par le picador de réserve.  Picadors sortis, ARR entre au quite par chicuelinas et tafalleras au centre de la piste.  Jose Chacón est invité à saluer pour ses deux poses de banderilles spectaculaires.  Brindis au public.  ARR débute son trasteo au centre, à genoux, par deux cambios por la espalda et avec remate une fois sur pied.  L’attention du public est fixée.  Les derechazos en ligne, empreints d’aguante face aux arrêts du toro, maintiennent l’attention des tendidos.  À gauche, l’effort est notable malgré les accrochages de muleta.  De nouveau à droite le Péruvien alterne avec  rigidité des derechazos, bousculades, accrochages et desarme.  Avis.  Entière trasera. Ovation.

René Arneodau

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