Séville 1er mai 2019 – La souffrance de Torrestrella et la maturité de José Garrido.

José Garrido faisait, ce jour, office de vétéran dans un cartel dédié à la jeunesse.  Au vu des résultats c’est certes lui qui a montré une maturité empreinte de sérieux et fermeté. Joaquín Galdós quant à lui a communiqué avec le public à base de recours comtemporains et Alfonso Cadaval a été renvoyé à ses études par un lot de Torrestrella peu propice au succès, mais face auquel la fermeté aurait du permettre une dose de réussite.  Mais comme les matadors n’ont pas brillé épée en main, la tarde ne laissera que peu de souvenirs.  Un éminent aficionado à qui je confiais mes espoirs en Torrestrella m’a très justement rappelé leurs déceptions les plus récentes. Il a eu raison. Tristement, en ce premier mai, la Maestranza a oublié de rendre hommage à Manuel Montoliu. 

Le premier Torrestrella, court et trapu, charge tête a mi-hauteur et droit dans la cape de José Garrido qui brille par un capoteo par véroniques et demie templées, au toque juste.  Sous le fer le bicho va a menos tête relevée. Le matador lui sert un quite par delantales toréés. La seconde pique, chargée de loin, confirme le peu de force du torito. Antonio Chacón salue pour son aguante et deux paires de palitroques dans le berceau.  Brindis au public. Au centre Garrido cite de loin muleta pliée. Il fixe de la main gauche une charge devenue brièvement vive et “humiliėe”. Musique. A droite, le Torrestrella relève la tête et n’obéit pas aux toques. Garrido aguante les miradas en trois séries droitières avant de revenir à gauche où le toro a renoué avec les mauvaises manières.  Le torero impose sa volonté face au manque de classe de l’opposant dans une série de remate droitière et d’adornos gauchers. Deux pinchazos suivie d’entière caída et tendida. Palmas au toro plus généreuses que pour le matador qui salue.

Le second de José Garrido est affiché comme le plus lourd du lot. Il est haut et corniapretado, tout aussi distrait de sortie que ses frères et à l’allure bovine.  Malgré un capote parfaitement présenté pour l’inciter à charger, ĺe Torrestrella ne rompt pas. Il s’emploie partiellement par deux fois sous le fer sans faire honneur à ses origines.  Le toreo par le bas de début de faena ne fait que confirmer le manque de qualités du toro. Garrido recule entre les passes pour jouer sur l’inertie. Lorsqu’il ne le fait pas, le bicho lui vient dessus.  Malgré efforts et bonne volonté, le torero de Badajoz n’en tire que peu de choses. Pinchazo et ¾ de lame basse à bout de bras. Silence.

Joaquín Galdós recoit un opposant abanto qui se retourne à l’envers jusqu’au centre dans des véroniques appliquées.  Le toro galope sans classe et sans fixité. Au cheval, il confirme sa mansedumbre en deux rencontres médiocres. Quite brouillon de Cadaval.  Le Péruvien essaye, comme il le peut, de fixer une charge de peu de relief et désordonnée. C’est dans la première série gauchère qu’il lie des muletazos par le bas.  La suivante va a menos. A droite le torero lie en laissant la muleta sous le museau, restant lui dans une position marginale. Le Torrestrella termine désintéressé.  Entière desprendida. Palmas et salut.

Le cinquième est bas et “joli” pour le torero. Il va et vient dans la cape qui lui est présentée.  Il reçoit un bref premier puyazo et un second bien en arrière. Brindis au public. Les tendidos désireux de fête, accompagnent de olés les derechazos communs de début de faena.  Musique. La seule vertu des séries droitières est d’enchaîner les muletazos sur une charge désordonnée et irrégulière. Une naturelle supérieure par le bas, guidée jusqu’au bout est le point haut de la faena et ne sera pas réitérée malgré les tentatives.  Le retour à droite exhibe une jambe de sortie effacée qui n’empche pas le public d’applaudir. Le final en ayudados vers les planches relève le niveau. Deux pinchazos et entière tendida. Palmas au toro. Vuelta à l’initiative du matador.

Le local du jour Alfonso Cadaval touche un toro negro terciado distrait et peu désireux de combattre.  Un fois fixé, il met les reins dans les véroniques du Sévillan. Le bicho s’emploie těte haute sous un puyazo mesuré.  La tentative de quite de Cadaval est avortée. De la seconde rencontre, réduite au minimum, le toro sort affaibli. Quite par chicuelinas et demie véronique de Garrido.  Brindis au ganadero. Début de faena appliqué et sans relief sur les deux cornes. La suite est terne aux torts partagés. Demi-lame et descabellos nombreux, avec avis. Silence.

Le dernier Torrestrella cornidelantero est reçu par un capoteo laborieux de Cadaval.  Il s’emploie lors de la première vara et sort apparamment affecté par la seconde. Juan Carlos Garcia salut pour sa prestation au second tiers.  Le bicho répète avec envie tout en fléchissant dans la muleta du Sévillan. Celui-ci dessine quelques muletazos de qualité lorsque l’animal ne fléchit pas.  Un toro qui aurait brillé dans la muleta d ‘un Ponce passe à l’oubli. L’ensemble reste triste et ne décolle jamais. De toute évidence le torero ne maîtrise pas l’entrée a matar qu’il exécute par pinchazo et lame tombée et  atravesada. Suivent plusieurs descabellos. Silence.

René Philippe Arneodau.

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