Séville - 25 Septembre 2021 - Miguel Ángel Perera et Andrés Roca Rey une oreille face à la médiocrité de Garcigrande.

Le lot de Domingo Hernández - Garcigrande a déçu tant par sa présentation que par son comportement.  Les trois figuras, techniciens accomplis, ont eu du mal à transmettre aux tendidos une émotion absente tout au long de la course. Leur technique avérée, n’étant pas faite pour cela.  Les oreilles coupées ce jour sont celles d’un spectacle en décadence.

Le premier de Domingo Hernández charge sans verve, en fléchissant dès les premiers efforts.  Il s’emploie au cheval pendant que le public proteste.  Mouchoir vert au second tiers.  Le sobrero de Gracigrande est plus lourd avec un trapío notable.  Le toreo de cape de Julián López "El Juli" est méthodique,  accentuant le croisement d'abord, puis en ramenant le bicho vers l’intérieur en ramenant les coudes au corps. Le toro est actif sous la première pique et moins sous la seconde. Le quite par véroniques marchées sert de mise en suerte au cheval entre les deux piques.  El Juli débute la faena sur genou plié en allongeant la charge puis en enroulant.  Le toro trébuche avant de se laisser embarquer dans un cercle où le torero reste al hilo sans permettre au toro de sortir de la muleta.  Musique.  À gauche avec la même position, El Juli allonge la trajectoire passe par passe.  Poursuivant à droite, le maestro continue en redondos marginaux sans transmettre au public.  Un "Julipie" maison, indigne,  d’effet rapide, déclenche une pétition non majoritaire.   Applaudissements et salut.

El Juli affronte un de Garcigrande, quatrième, distrait et abanto que sa cape n’arrive pas à fixer.  Le bicho subit sans classe une première pique suivie d’un quite sur le voyage de El Juli, par chicuelinas.  Mal piqué une seconde fois, l’animal garde un tranco notable au second tiers.  Antonio Chacón est ovationné pour sa prestation.  La faena  commence par des passes de costadillo et remate par le bas au cours desquels on ne retrouve pas la transmission vécue au second tiers.  L’animal semble totalement désinterressé quelle que soit la corne provoquée.  Deux pinchazos, demi-lame et descabello.  Sifflets au toro et silence.

Le second de Garcigrande, anovillado, charge en se promenant avec indolence,  la cape de Miguel Ángel Perera.  Il se réveille durant deux piques prises sans classe.  Au second tiers le toro montre une mobilité choyée par la lidia de Javier Ambel.  Brindis au public.  Le tanteo, sans obliger, laisse la charge s’exprimer à sa guise.  Suit un toreo droitier mécanique, mais efficace, qui peu à peu canalise la charge en redondo. Musique.  Sur la corne gauche l’animal semble vouloir abandonner le combat.  Nonobstant, le matador s’impose sur les deux cornes obligeant le toro à charges mollement contre son gré.  Estocade entière habile en évitant le balcon. Palmas et salut.

Le cinquième de Garcigrande permet à Perera une entame par véroniques de menos a más terminant par des lances rytmés," templés" et esthétiques ce qui n’est pas habituel pour lui.  Le toro ne brille pas au cheval. Les chicuelinas du quite sont surpassées par les cordobinas intercallées avant la seconde pique qui, elle, est purement formelle.  La seconde paire de banderilles de poder a poder  vaut à Javier Ambel de saluer sous l’ovation. Brindis au public.  Au centre Perera s’agenouille pour un double péndulo et une série droitière en redondo qui transmet du fait de la position choisie.  Musique. Bien qu’en ligne, les derechazos sont serrés, profitant pleinement de la charge profonde du toro.  À gauche, le désordre s’installe avec quelques muletazos profonds.  La suite est mécanique donnant une tendance de faena a menos, avec arrêt de la musique.  Entière contraire.  Oreille. Applaudissements au toro.

Le troisième de Domingo Hernández, de peu de présence,  semble vouloir planer dans la cape d'Andrés Roca Rey, avant de faire douter son matador.  Le toro proteste sous la première puya.  Affecté par l’épreuve, il retourne pour une brève ration.  L’entame de faena destinée à faciliter le déplacement du bicho se poursuit par des derechazos en ligne, enchaînés.  Trois séries n’arrivent pas à animer le public.  Le bref passage à gauche ne connecte pas plus.  La suite à droite est marquée par des accrochages de muleta.  Estocade entière d’effet rapide portée en sautant.  Applaudissements et salut.

Roca Rey face au dernier de Garcigrande dessine des véroniques au bicho qui charge à l’extérieur du leurre. Le toro pousse sous le fer deux fois.  Brindis personnel.  Les premières  passes sont dominatrices imposant une trajectoire en courbe.  Le matador, à droite, enroule la charge autour de son corps sans se repositionner entre les muletazos.  Sur la corne gauche, la première série est exécutée en deux temps, un mobile et la suite en ronds.  Proche des cornes ARR poursuit à droite avec des derechazos techniques qui ne transmettent que lors du final de série en arrimón. Musique. La charge, quant à elle, est anodine.   Estocade al encuentro en bonne place et efficace. Oreille.

La corrida se termine avec l’illusion du triomphe et la certitude que personne ne se souviendra de ce jour.

René Philippe Arnéodau

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2 réponses à Séville - 25 Septembre 2021 - Miguel Ángel Perera et Andrés Roca Rey une oreille face à la médiocrité de Garcigrande.

  1. Roger Dominique dit :

    Je n’ai pas vu de spectacles décadents :
    - Sur place Vic : (Escobar Gil & Hoyo de la Gitana le dimanche), Mont de Marsan (Pedraza). Cause : l’organisateur, on choisit les toros, puis les toreros,
    - Récemment sur le Digital :
    * Copa Chennel sur TV Madrid (Rien à jeter … dont les Veraguas d’Aurelio Hernando de grande mobilité). Cause : encastes différents et absence de figuras,
    * Sur CMM : 6 novilladas à Villaseca de la Sagra (rien à jeter, un retour au premier plan des Baltasar Iban, …..), les Victorino d’Albacete (pas ceux de système Pages & Figuras), les Conde de Mayalde de Tolede. Cause : absence d’ ânes décastés de Domecq (du Contreras dans les Domecq du Mayalde !!!), de figura & grosses impresas.

    Mais je continue à voir, sur le Digital (merci PlazaToros pour les économies), des spectacles décadents. Causes : le système mis en place par les grosses impresas / Figuras / les ânes décastés Domecq.

    Merci Nino de San Rafael / Toreo & Arte pour vos resenas, patience
    - les Maestrantes ne renouvelleront pas Pages (un moderne ayant fait ses preuves au Puerto de Santa Maria),
    - Casas devrait suivre à Madrid (on espère avant la prochaine féria d'automne) après son Black Friday (la goutte de pluie qui a fait déborder le grand vase des déçus madrilènes). Je n’ai lu aucune critique sur la gestion préventive de Plaza1(on vérifie le niveau d'eau et on écope, on retire les bâches 3H avant, puis on verse du sable pour commencer à l’heure). Après Bonijol, on va pouvoir exporter nos arénéros du Sud Ouest !!!!!

    Au plaisir
    D.ROGER

    • Bonjour et merci pour votre commentaire.

      L'avis exprimé était purement limité au spectacle du jour et pas destiné à rejallir sur les exemples que vous citez à juste titre.

      Malheureusement, ce spectacle décadent reste trop présent aux mains de certains professionnels qui ont le pouvoir de contrôler ce que nous consommons.

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