Illescas (Tolède) – 13 octobre 2018 – Une «corrida totale» sans la totalité espérée. Adieux d’ Alberto Aguilar.

La “Corrida Totale” tel est le titre ambitieux de cette corrida instaurée par Victorino Martín García voilà deux ans à Illescas – à mi-chemin entre Madrid et Tolède – et qui en était, donc, à sa troisième édition. Au cartel,  elle réunissait des toros de Victorino Martín pour les espadas Octavio Chacón, Alberto Aguilar, Cristian Escribano et David Martín Escudero. La désormais tradition est de faire valoir la lidia des toros dans les trois tiers et pour cela les toreros engagés étaient accompagnés de cuadrillas ad hoc qui, surtout dans la brega et la pose des banderilles, allaient voler, dans un certain sens, la vedette aux victorinos et aux matadors. A quelques exceptions près les picadors qui devaient être aussi des acteurs essentiels dans cette  mise en scène ne remplissaient pas leur rôle, piquant à leur habitude en arrière, pratiquant la (in)évitable carioca et s’acharnant quelques fois sans raison sur l’échine des toros. La fin de saison, la catégorie de la plaza faisaient que le ganadero n’avait pas réservé les meilleurs exemplaires de son prestigieux élevage  de telle sorte que les premiers étaient juste de présentation, les 7ème et 8ème par leurs hechuras ressemblaient mieux aux habituels pensionnaires de Las Tiesas (leur élevage d’origine). Certains avaient même presque cinq ans (3ème, 6ème et 8ème). Les toreros faisaient de leur mieux pour placer à bonne distance les toros pour le tercio de varas pour les besoins du spectacle, certes, mais aussi pour mettre en valeur cette suerte souvent escamotée. Ainsi, seuls deux victorinos allaient trois fois au cheval, les 3ème et 7ème étant crédités d’un bon combat sous la pique.

Sans tenir compte de l’ordre du cartel, nous citerons Alberto Aguilar qui en ce jour faisait ses adieux à la profession. Au terme de la corrida son épouse et sa fille lui retiraient la coleta sous les applaudissements du public en reconnaissance à un jeune torero (32 ans), obligé d’écourter sa carrière pour raisons physiques, porté en triomphe par ses compagnons toreros, ses élèves de l’école taurine de Las Navas del Rey (Madrid) lui faisant une haie d’honneur à la sortie de la plaza. Il coupait une oreille à son second victorino après une faena bougée à cause l’impétuosité du toro et aussi de la nervosité du torero… De charge «humiliée» et de retours vifs, ce toro ne laissait aucun répit et imposait son rythme à Alberto qui devait se repositionner d’une passe à l’autre. Une série plus reposée sur la corne gauche et un pinchazo suivie d’une estocade entière mettaient fin à cette dernière faena. A son premier, il avait réalisé une faena sérieuse avec de bons passages, de bonnes naturelles suaves à un toro qui le serrait peu à peu.

             

L’autre aspect de cette corrida totale était la part faite aux cuadrillas à pied, des toreros de plata expérimentés et talentueux. La plupart durent saluer montera en main après leur brega ou pose des banderilles comme : Iván García, Rafael González, Alberto Zayas (2º et 6º); José Antonio Carretero, Ignacio Martín (3ème); Andrés Revuelta, Fernando Sánchez (4ème et 8ème); José Chacón (5ème);

                

Iván García (6ème)  et Miguel Martín (8º). Raúl Marti se faisait prendre – cogida genou et cuisse gauche –  au 7ème en ayant attendu jusqu’à l’extrême limite la charge pour clouer sa paire de banderilles. Il était emporté à l’infirmerie.

Octavio Chacón signait au 5ème  une faena qui était du goût du public mais qui ne convainquait pas complètement autant par les conditions du toro, noble mais sans la vivacité requise, que par l’attitude du torero, prudent et décollé du toro. Le 1er était de présence insuffisante et de faiblesse latente pour prêter attention au trasteo du torero de Prado del Rey (Cadix).

Cristian Escribano touchait les deux toros qui avaient eu le meilleur comportement aux piques et auxquels devaient être servies des faenas techniques de lidiador ce qui fut fait en partie à son premier auquel il coupait une oreille mais la vivacité rageuse et encastée du 7ème l’obligeait à la prudence sur la corne gauche.

David Martín Escudero ne pouvait exprimer que par intermittence son toreo classique et dépuré. Au 4ème, mou et sans «humiliation», la faena ne disait rien et il écopait un avis pour aller au-delà des capacités de l’animal et finir par une estocade trois-quarts de lame. Le dernier de cette longue corrida, se déplaçait en début de faena pour ensuite raccourcir sa charge et finalement s’arrêter. Quelques manoletinas qui n’apportaient rien et une infinité de pinchazos mettait fin à une bien terne prestation.

Octavio Chacón : saluts ; une oreille. Alberto Aguilar : saluts ; une oreille. Cristian Escribano : saluts ; un avis et silence. David Martín Escudero : silence ; un avis et silence.

Georges Marcillac

Photos de aplausos.com

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