Madrid – Palacio de Vistalegre – 13 mai 2021 – 1ère de feria – Succès mitigé de Ginés Marín et Álvaro Lorenzo.

La corrida d’ouverture de la feria de San Isidro, hors Las Ventas, sur les fondations de  “La Chata” de Carabanchel, aujourd’hui Palacio de Vistalegre, voyait au paseíllo trois jeunes toreros face à des toros de El Pilar, le madriléne Alberto lópez Simón, le toledan Álvaro Lorenzo et Ginés Marín de Badajoz. Le public clairsemé dans cette grande arène sollicitait avec force l’oreille du 6ème qui revenait à Ginés Marín après une faena volontaire mais irrégulière. D’ailleurs c’est l’irrégularité qui a présidé cette corrida de El Pilar et provoqué des faenas de même tonalité. Des toros sans race qui évoluaient parfois avec brusquerie, sinon toujours descompuestos offrant des charges sans continuité avec le défaut de ne terminer les passes que rarement. La présentation des toros, hauts sur pattes, de poids moyen de 550 kg environ, bien armés la plupart, était acceptable pour cette plaza de deuxième catégorie cette classification était le prétexte de la mono-pique.

Alberto López Simón gardait son premier dans la cape car celui-ci avait tendance à la fuir ou se diriger vers les barrières. Le peu de force, ni son envie de charger, n’empêchait pas ce toro de présenter la difficulté de serrer le torero du moins au début de la faena tant et si bien qu’il déséquilibrait ALS et l’envoyait au tapis et le secouait au sol sans dommage. La faena prenait meilleure forme malgré les charges tantôt « humiliées » tantôt la tête en l’air. Des circulaires en deux temps pas trop nécessaires. Un pinchazo et une estocade entière pour une timide pétition d’oreille. Au 4ème, vif et combattif à la pique prise al relance et… carioca, mettait en difficulté Jesús Fernández à la première paire de banderilles pour finalement l’accrocher à la deuxième sans mettre la corne. ALS encaissait la violence et les désordres de charges de ce toro qui des deux cornes raccourcissait ses charges dès la deuxième passe à chaque série. ALS était lui aussi accroché, restait de longues secondes suspendu au-dessus des cornes et repris au sol. Un peu commotionné il reprenait le combat, le toro aggravant ses retours à mi-hauteur. Une estocade et un descabello.

Le 2ème entrait les pattes en avant dans la cape d’Álvaro Lorenzo. Dès la sortie des picadors, il allait  se mesurer violemment avec le « réserve » pour une longue pique pour en sortir en génuflexion. Cette violence se manifestait à la muleta, à la première série de la droite pour se réserver à la seconde. Ensuite les charges étaient répétées mais le toro n’allait pas jusqu’au bout des passes. Álvaro Lorenzo continuait sans aucune amélioration du comportement du toro, des passes hautes aidées pieds joints étaient la note artistique qui avait manqué jusqu’alors. L’épée ripait sur une banderille pour la première entrée a matar, l’estocade qui suivait roulait le toro. Le 5ème,  un toro bien armé, «sortait» de la cape, mettait les reins sous la pique en donnant de la tête dans le peto. Ce toro se prêtait mieux à un toreo plus reposé, d’une charge plus tempérée que les toros précédents mais il fléchissait à la fin de chaque muletazo. Álvaro Lorenzo réussissait quelques bonnes naturelles isolées malgré les charges erratiques de ce toro qui finissait par s’arrêter. Les luquecinas étaient de trop, mais il fallait forcer le succès  malgré les protestations du public qui comprenait le superflu et l’inutilité de ses adornos. Un avis sonnait… avant la mise à mort, en entrant lentement sans réaction de l’animal éteint. La demande d’oreille n’était pas unanime mêlée à de nouvelles protestations qui s’amplifiaient lorsque l’oreille était concédée.

Ginés Marín savait réagir, à la cape, à un comportement erratique du toro pour le fixer au-delà du tercio.  La pique al relance indiquait le manque de réponse aux capes et la distraction du toro. La pique était poursuivie presqu’au centre du ruedo. A la muleta, la caractéristique constante de ce toro était un  désagréable hachazo en fins de passes, défaut qui était corrigé en une seule série de la gauche! Deux pinchazos et une estocade desprendida étaient la conclusion d’une faena pas très facile pour Ginés Marín qui voulut se racheter au 6ème. Après des véroniques incertaines, il improvisait des chicuelinas serrées qui avaient l’avantage de fixer le toro au centre de la piste. Un simulacre de pique de Guillermo Marín, le père du matador, ordonné par le fils, était le signe d’une intention de briller avec ce toro dont le manque de continuité dans ses charges faisait presque avorter un quite par de nouvelles chicuelinas, une tafallera et le remate par une larga du meilleur effet. La faena de muleta était marquée par une volonté tenace de faire passer le toro même lorsque celui-ci semblait ne plus vouloir avancer. A force de se croiser, Ginés Marín parvenait à engager des passes courtes, méritoires, la tête du toro à mi-hauteur… Les naturelles, pieds joints pour terminer avant une estocade entière laissaient présager une récompense. Obtenue.

                

Nota: Le brindis de la photo en-tête de Ginés Marín à Álvaro Lorenzo était pour rappeler leur présentation en qualité de novilleros dans ces mêmes arènes en 2016.

Alberto López Simón : ovation aux deux. Álvaro Lorenzo : un avis et silence ; un avis et une oreille, division d’opinion du public ; mini bronca au président. Ginés Marín ; un avis et saluts ; un avis et une oreille. Se distinguaient aux banderilles Jesús Fernández de la cuadrilla d’Alberto López Simón, de “Mambrú” de celle de Ginés Marín.

Georges Marcillac

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1 réponse à Madrid – Palacio de Vistalegre – 13 mai 2021 – 1ère de feria – Succès mitigé de Ginés Marín et Álvaro Lorenzo.

  1. François BERNARD dit :

    Ami Georges
    Merci pour ton analyse de cette première corrida de San-Isidro 2021. J’adhère complètement, contrairement au compte-rendu lu dans mundotoro.
    Fraile avait envoyé un lot de cinquenios décasté ne laissant que peu d’options aux toreros, lesquels ne font pas partie de mes préférés, mais qui se sont montrés dignes.Ils possèdent la technique, mais le coté souvent clinquant de leur toreo n’a pas suffi à faire oublier le peu de race de leurs opposants. Ainsi va la tauromachie, demain sera, je l’espère, un jour meilleur!
    Abrazos fuertes
    Paco

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