Mont de Marsan – 24 juillet 2021 – 11 h – 2ème de feria – Seul Diego Urdiales se tire d’affaire d’une décevante corrida de Alcurrucén.

La corrida de Alcurrucén, magnifiquement présentée, entre quatre et cinq ans d’âge, portait une divisa noire au lieu de l’habituelle bleu et noire, en signe de deuil après la disparition de son propriétaire Pablo Lozano Martín, décédé en octobre dernier victime du Covid-19. Si le comportement aux piques des toros d’origine Nuñez peut-être qualifié d’honorable, il faut noter que les 1er et 3ème recevaient quatre piques chacun, les dernières plutôt dans le terrain de la querencia, ce qui révélait une pointe de mansedumbre. Tous les toros tenaient le coup jusqu’à la fin des faenas, plus ou moins courtes selon leurs qualités? ou la disposition du torero. Des trois matadors Diego Urdiales pourrait être crédité de la meilleure chance au tirage au sort, Paco Ureña le moins bien servi et Emilio de Justo celui qui s’efforçait de faire mieux que le permetaient ses opposants sans le résultat escompté.

Diego Urdiales se trouve dans la plénitude de son art, de maîtrise et de pureté extrême dans l’exécution des passes et adornos classiques. A son premier qui recevait un bonne ration à la pique administrée par Alberto Sandoval et qui sortait compliqué, submergeant les subalternes par des charges violentes, trouvait en Diego le maître qui découvrait une charge longue, savait la tempérer par des passes mesurées. La deuxième série de la droite était bien meilleure. A gauche, un accrochage de la muleta modifiait le caractère du toro qui semblait ne plus vouloir avancer, mais peu à peu, sur cette corne, les naturelles, une à une, faisaient remonter le niveau pour atteindre des sommets dans les séries suivantes. Sans mouvements excessifs, la jambe contraire devant, de trois-quarts, les derechazos et naturelles, les passes par le bas pour boucler la faena, le tout étaient la marque d’un toreo classique et pur auquel le public répondait par une longue ovation malgré un pinchazo hondo et un descabello à la mort. Au 4ème, venait la confirmation de l’état de forme de Diego qui venait de triompher, la veille à Santander. Après deux bonnes piques de Manuel Burgos, et un tercio de banderilles sans histoire, la faena débutait par des passes hautes aidées, au fil des barrières et, au-delà des lignes, les séries se succédaient, variant la position et les distances, la longueur des passes aussi habituant le toro à suivre la muleta là et comment Diego le voulait. Tantôt compas ouvert, même de face, tantôt de profil, la faena se prolongeait excessivement, le torero à l’aise, sans doute pour montrer ses capacités et répondre à une remarque intempestive d’un spectateur ignare… Un avis sonnait avant même d’avoir pris l’épée, unn autre après un pinchazo et une estocade qui roulait le toro. Un oreille et pétition de la deuxième.

         

Paco Ureña, face à son premier qui dès les premiers capotazos terminait en donnant un fort coup de tête par le haut – hachazo -, se voyait obligé d’abréger la faena, n’ayant pu corriger ce défaut qui, d’ailleurs, avait compliqué le tercio de banderilles… La tête à mi-hauteur, se retournant prestement, ce toro ne permettait rien de bien positif. La mise à mort, prudente, s’éternisait et un trois-quarts de lame, croisée, en terminait avec cet animal incommode. Le  5ème  accusait une faiblesse telle qui l’empêchait d’avancer malgré les efforts de Paco Ureña – reécompensés en une série de naturelles – et l’estocade entière, portée en deux temps, verticale et caida, en terminait avec cette prestation inédite du torero de Lorca (Murcie).

Emilio de Justo voyait interrompue à Mont de Marsan une série de succès qu’il retrouvait quelques heures après cette corrida matinale à Santander ! En effet, malgré ses efforts d’accueillir ses toros à la cape, d’insister à la muleta  à les faire passer, les « citant » à la voix – trop, c’est presque indécent -, il ne parvenait à intéresser le 3ème, mansito et distrait, ni à forcer les charges du 6ème qui finissait rajado. Les estocades étaient heureusement efficaces.

Diego Urdiales : saluts et forte ovation ; deux avis… et oreille. Paco Ureña : un avis et silence ; silence. Emilio de Justo : timides applaudissements ; silence. «Morenito de Arles» et José Manuel Valcarce de la cuadrilla d’Emilio de Justo se distinguaient aux banderilles et à la brega.

Georges Marcillac

Photos d'après mundotoro.com

Ce contenu a été publié dans France, Général, Georges Marcillac Escritos. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.