SEVILLA – 08/05/2014 El Pilar prend le contrôle de la Maestranza. Une Oreille David Mora.

Jeudi de Farolillos 2014. Moins d’une demie entrée pour voir la Corrida du Pilar – Moises Fraile. Le paseo est accompagné par un léger vent salvateur. Les rues de Séville sont terriblement désertes en pleine Feria. La Maestranza a été prise d’assaut par les toros du Ganadero Moises Fraile. Ses exemplaires ont marqué la différence par leur présence et leur comportement. Les deuxième, troisième et quatrième ont été des toros notables, le troisième véritablement excellent dans la muleta.

Le premier Pilar se blesse rapidement dans le capote d’Abellan et développe une charge désordonnée et trébuchante. Il a du mal à charger et à s’employer au cheval.     Pañuelo verde.  Canorea assis seul au milieu de la grada 9 est interpellé par le public qui l’a repéré.  Sort un Jandilla de réserve pesant 622 kg né en 12/09 de nom Artillero. Il est massif pour cet encaste.  Il embiste avec les pattes en avant. Abellan le déplace au centre.  Le toro pousse un long moment sous le fer et finit par faire chuter le cheval.  Le picador manque sa cible au second puyazo puis se rattrape sous les protestations.  Le Jandilla se défend tête haute au deuxième tiers.  La faena débute en tablas par le bas genou plié.  Le toro désarme le Matador puis saute à chaque passe de muleta.  Les séries à droite sont volontaires, aguantando mais sans résultat esthétique. Le bicho se déplace un peu mieux à gauche. Abellan insiste sur cette corne avec un résultat à peine meilleur.  1/2 Épée Atravesada puis demie desprendida les deux fois en sortant de la trajectoire.  Descabello. Silence.

Le second d’Abellan est un Moises Fraile.  Cornalon et cornivuelto, il impose le respect.  Les opposants ne s’entendent pas à la cape.  Le toro combat sous le fer en deux rencontres mais sans classe.  Il met la tête avec conviction et par le bas dans les capes au second tiers.  Brindis au public.  Début de faena décidé, corps relevé et relaché en toréant les magnifiques embestidas.  Puis il y a un passage a menos dont le torero sort par un circular.  En tentant de poursuivre à droite il perd la muleta. A gauche Abellan torée avec hésitation et fuera de cacho. Nous n’aurons pas vu la bonne embestida mise en valeur.  Elles sont à nouveau visibles dans les derniers adornos par le bas.  Entière portée par les extérieurs et épée haciendo guardia ( sortant sur le flanc ). Descabellos.  Palmas au toro et silence.

Escribano comme à chacun de ses toros cette année à Séville va a Puerta Gayola.  Le Pilar s’arrête devant lui et il s’échappe par miracle, le toro suivant le vuelo du capote pendant qu’Escribano fuit. Le toreo de cape par véroniques qui suit est somptueux de lenteur et temple, le meilleur de la feria jusqu’a présent.  Le Moises Fraile est atone au cheval et Escribano ordonne qu’il soit peu chatié.  Bon quite de David Mora par chicuelinas mains basses et templées. Le tiers de Banderilles à charge du matador est émouvant car le Fraile accélère fort et poursuit.  Escribano échappe à la poursuite de la seconde paire car le toro l’abandonne en cours de route.  La troisième , un quiebro le long des planches,  est répétée deux fois, après un premier échec,  dans des conditions difficiles avec courage et détermination. Brindis Personnel.  Le début de faena est profond, par des passes longues et torées, le toro appuyant. La première série à droite va a menos, muleta touchée et série interrompue. La gauche est intense sans lié. La suite à droite est de qualité mais toujours pas complete. Passes données une par une avec aguante, valor, certaines profondes et longues.  Le toro ne répète pas facilement et est incertain dans ses attaques attendant parfois une fraction de seconde avant d’y aller. Le Toro et la prestation du torero de Gerena sont importants, même si l’ensemble est allé a menos.  Entière en arrière, contraire. Descabellos et Avis. Palmas au toro, Silence.

Est-il besoin de vous dire qu’Escribano reçoit son second à Puerta Gayola?  Et bien c’est le cas.  Sort un Pilar de 619 kg pour une Larga cambiada de rodillas. Debout les véroniques sont de bonne facture sans atteindre le niveau de celles données à son premier.  Le toro va au cheval de réserve qu’il soulève longuement puis il sème le désordre dans le ruedo avant une seconde rencontre poussée en cariocaGaoneras de Mora ajustées. Banderilles d’Escribano par deux cuarteos et un quiebro cité assis sur l’estribo, très serré. Brindis au public.  Deux pendulos au centre (ou cambios dans le dos) précèdent une tentative à gauche avortée. A droite comme à gauche le toro a du mal à humilier sans trébucher ou ne va pas jusqu’au bout des passes par manque de force semble t il. Il faut beaucoup de douceur pour l’accompagner et l’aider. Par moments Escribano y arrive dans des passes isolées, sans lier toutefois.  Escribano évite de justesse la cornada en tentant un arrimon inapproprié.  Entière trasera et desprendida d’effet rapide.  Salut au tiers.

 Le premier toro d’El Pilar de David Mora n’a rien d’un Niñito, tel que le laisse entendre son nom. Il est haut et long, sérieusement armé. La réception de David Mora à la cape est de haut niveau, appuyé sur les reins, en se compromettant tôt.  Les meilleures chicuelinas du quite du Matador sont celles données au tiers dès la sortie du cheval, les suivantes au centre sont brouillonnes. Placé loin, le Pilar s’élance au cheval pour une seconde vara et est piqué dans les reins. Le toro ne s’est que peu employé au cheval et a été peu et mal piqué.  Bon quite mains basses par chicuelinas d’Abellan.  Le toro fait des choses bizarres dans les capote durant le second tiers. Brindis au public.  Les bizareries se poursuivent à la muleta dès les premiers muletazos.  Il ne semble pas que ce soient de mauvaises intentions.  Ensuite le bicho met la tête et ne sort plus de la muleta qui reste sur le museau, tapando la cara. Les passes sont distantes et manquent de profondeur, mais le tout est plaisant pour le public car lié. Musique et ambiance festive.  À gauche la prestation gagne en sérieux et l’on voit mieux le toro et le torero.  Ce Toro de grande classe est toréé en dessous de sa valeur, en l’accompagnant plus qu’en le toréant. Passes d’Adornos et entière en arrière, caida et atravesada.  Palmas au toro.   Pétition et oreille,  avec pétition de la seconde.

David Mora clôture la tarde avec un Pilar ouvert de cornes et montrant les pointes.  L’animal est brusque dans les premières embestidas à la cape. Moment de flottement pendant le tiers de pique lorsque le président sort le mouchoir blanc et que sonnent les clarines alors que le toro va à la première puya.  Il combat sans zèle. Le tiers de banderille est mené au rythme du toro qui impose son désordre. Brindis à Robert Margé.  Mora donne de nombreuses passes sans signature pour entamer la faena .  L’embestida est brusque et Mora ne maitrise pas le calamocheo.  La faena est au rythme du Pilar qui impose son style vulgaire et violent, Mora se positionne essentiellement al hilo ou à l’extérieur de la trajectoire. Fin de faena longue dans laquelle Mora insiste pour montrer son courage.  Pinchazo, puis entière accroché avec la corne à l’aine et la taleguilla décousue. Fortes Palmas du public. Salut au tiers. Nous avons vécu une véritable tarde de Toros.  René Philippe Arneodau.

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