Bilbao – 23 août 2018 – Seule la maestria d’Antonio Ferrera… et rien de plus.

La ganadería de El Parralejo (de sang Jandilla et Fuente Ymbro) faisait sa présentation à Vista Alegre en tant que corrida de toros alors qu’en 2014 c’est en novillada que ses produits sortaient pour la première fois du toril du bocho bilbaíno. Malheureusement, cette année le résultat était loin de satisfaire l’afición et pas plus l’éleveur. Une corrida de poids, certes, de hechuras diverses et pour les 4ème et 5ème des cornes presque démesurées qui, à peine, tenaient dans la muleta. Des toros qui n’offaient (c’est un euphémisme) que peu de possibilité aux trois toreros d’Extremadura, Antonio Ferrera, Miguel Ángel Perera et Ginés Marín pour exprimer leur art pour leur seule participation à cette feria. Les exemplaires de El Parralejo montraient plus de difficultés par leurs charges erratiques et désordonnées que de danger derrière leurs armures plus que respectables, sauf le 5ème qui se freinait, ne passait pas et se retournait en jouant justement de ses cornes. Des toros qui au contraire des jours précédents recevaient leur ration de piques sans démontrer pour autant leur bravoure sous le cheval et par la suite aux banderilles et faenas de muleta. On remarquait toutefois l’habileté du picador Agustín Navarro de Ginés Marín qui piquait malgré une charge surprise du 3ème, les bonnes paires de banderilles de José Manuel Montoliú au premier d’Antonio Ferrera et c’est à peu près tout pour le rôle des cuadrillas.

La faena d’Antonio Ferrera au 4ème retenait l’attention du public non seulement parce qu’il avait affaire à ce toro très encorné mais surtout par la manière de gérer une charge irrégulière avec des coups de tête – hachazos – en fin de passes ou bien même des chutes lorsque il baissait la muleta ou exécutait une passe de poitrine ! Cela en début de faena. Par la suite, ce fut une succession de passes allant vers le toro qui s’ouvrait pour tenter l’enchaînement, tantôt «perdant» des pas pour lier les passes. Le toro n’ «humiliait» pas, des demi-passes, parfois des accrochages de muleta mais Antonio Ferrera restait maître de la situation car c’était lui qui maintenait l’intérêt d’une faena en mouvement car le toro ne transmettait rien. À la mise à mort – il fallait passer les cornes levées comme pour narguer le torero, petit par sa taille –  en deux temps, Antonio Ferrera «pinchait» avant de placer une épée… efficace. A son premier, était donné le ton de cette corrida décevante face à un toro qui «protestait» dans la muleta, de charge courte il obligeait le maestro à «rompre». Un derechazo long pouvait donner espoir pour la suite… deux naturelles longues aussi, mais rien de suivi. Estocade basse, atravesada et un descabello.

               

A son habitude Antonio Ferrera assurait le quite à la sortie des toros du cheval : un par chicuelinas au 3ème et au 6ème il dessinait une suerte que l’on tenterait  d’appeler mariposasuerte tombée en désuétude après les dernières exécutées par Luis Francisco Esplà, renovateur du fameux lance de Marcial Lalanda.

Miguel Ángel Perera, à son premier, se décourageait face à un toro qui sortait de la muleta la tête en l’air, distrait et sans envie de livrer bataille. Des naturelles linéaires, une série à droite à peu près liée et c’était tout. La mise à mort était laborieuse surtout au descabello après une demi-estocade, verticale, atravesada. Il n’y eut pas de faena au 5ème, un toro impossible à fixer, qui délivrait une charge traîtresse à droite – Javier Ambel vous en dirait quelque chose après ses poses de banderilles –  et qui dédaignait les cites à gauche. Deux pinchazos et une demi-épée tombée.

Sans se heurter aux mêmes difficultés que son aîné, Ginés Marín touchait deux toros ingrats, sans qualité de charge, sans transmission, s’arrêtant même pour le 3ème et au 6ème, malgré le brindis au public, il devait renoncer après des accrochages muleta et les derrotes brutaux en fins de passes. Des passes isolées, de bonne facture mais ce n’était pas suffisant pour donner corps à ses deux faenas… Les estocades étaient expédiées,  exécutées avec lenteur et efficacité.

Antonio Ferrera: légers applaudissements ; ovation et salut. Miguel Ángel Perera: un avis et silence ; sifflets nourris. Ginés Marín : silence aux deux.

Georges Marcillac

Photos de Manu de Alba pour mundotoro.com

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